Marion Delabruyère

Candidate à la maîtrise en criminologie, option mémoire
École de criminologie, Université de Montréal

L’objectif général de mon étude est de mettre en lumière les expériences qui, dans la vie carcérale du détenu, vont l’amener à renoncer à sa libération conditionnelle, et ce, à travers le récit de sa trajectoire de vie en détention. Cette étude poursuit trois objectifs spécifiques. Le premier est de mettre en lumière les évènements, les expériences vécus par la personne en détention. Le second objectif est de prendre connaissance des perceptions que la personne condamnée a de ces évènements. Enfin, le troisième objectif est de mettre en lumière la compréhension du phénomène de renonciation.

L’ensemble de l’étude consiste à aborder la trajectoire de vie des détenus par l’intermédiaire de leur récit de vie en détention. Issu d’une étude menée par Bertaux (2005), le récit de vie « résulte d’une forme particulière d’entretien, l’entretien narratif, au cours duquel un chercheur demande à une personne de lui raconter tout ou une partie de son expérience vécue ». Bellot (2005) soulève que « le récit de vie trouve toute sa richesse en ceci qu’il permet au chercheur de suivre la trajectoire des individus dans sa temporalité et son processus, permettant, par le fait même, de saisir le point de départ ainsi que le point d’arrivée d’une trajectoire de vie ». Dès lors, le récit de vie permet de rendre compte de la manière avec laquelle la personne a affronté les événements.

La collecte de données se compose de six trajectoires de vie, c’est-à-dire de six études de cas. Après l’analyse des données statistiques de la Commission québécoise des libérations conditionnelles, j’ai identifié les éléments les plus significatifs concernant les décisions de renonciation. Mes six études de cas seront réalisées selon des critères de différenciation tels le type de délits (contre les biens ou contre la personne) ainsi que le profil du détenu (âge, sexe, origine autochtone). J’aimerais, dans la mesure du possible, pouvoir interroger un homme autochtone et une femme autochtone.

Les entrevues seront réalisées au sein de trois établissements de détention au Québec : à l’établissement de Saint-Jérôme afin de m’entretenir avec au moins un détenu autochtone; à l’établissement de Leclerc afin de m’entretenir avec deux femmes; enfin, à l’établissement de Sherbrooke. 

Date de dépôt prévue : août 2018.

Ce contenu a été mis à jour le 21 janvier 2018 à 16 h 19 min.